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Du tac-au-tac

par michel

publié dans Poème

Du tac-au-tac,

Ainsi je suis

Pour qui me suit,

Je le dis tout à trac.

Que vous soyez

Belle ou rebelle

Mon âme comme noyée

Se perd en vos dentelles.

Mes mains tremblent,

À vous serrer contre moi

Elles sont toutes en émoi,

De vous, ce me semble.

Quant au loin vous fuirez

Elles se souviendront

De cet instant, pur émotion

Où, toute à moi, vous étiez

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Jardin

par michel

publié dans Poème

J​ardin

Asymétrique et hétéroclite
En un désordre organisé

Où non-carré fait suite
A presque-droit

De bric en bacs
De pots en brocs

Comme des mats en rade
Surgis comme par erreur

Règnent les tuteurs éphémères
Contre le gré de leur créateur
Le....jardinier

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Carabe 1er

par michel

publié dans histoire courte

D'un coup je le vis

ce hanneton mordoré

qui faisait une sieste

au beau milieu de mon lit

quoi, mais quel est cet intrus

qui de ses élytres

trouble l'ordonnance de ce lieu?

Quel toupet !

Moi ? qui je suis ?

Mais c'est évident, je suis Carabe1er

Et tu es dans mon royaume...

En fait je te trouve bien malotru

de t'adresser à moi de cette façon.

Sache, vil manant !

Qu'ici on me dit "Vous" !

le garçon: (il s'agit ici du lit d'un jeune garçon)

non, tu ! heu, vous, heu enfin, votre ! son ...

Altesse??? peut être...!

non, mais c'est chez moi ....!!!!

Carabe 1er:

Comment chez toi ???

Ça alors...me serai-je trompé ?

Le terrain d'aterrissage était

bien mentionné sur mon book-road:

Terrain balisé au milieu d'un grand

champ moissonné....

Ceci n'est donc point mon...

terrain d'aterrisssage privé ?!

Le garçon:

hem, hem !!

j'ai bien peur que oui!

Carabe 1er :

Alors là; je suis bien embarrassé,

comment retrouver ma route ?

Mon road-book ne me dit rien

sur cette région....

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La Quête

par michel

publié dans poème

Il courait sans prendre haleine. On avait envie d’être son chien, De le guider le long du chemin. Le cheveu hirsute, il faisait peine
Son pas soudain se fit plus lourd. De loin on voyait la vapeur Dégagée par son corps en sueur. À nos exhortations, il sembla sourd
Au bout du chemin, démasqué Enfin, il l’aperçut, dressé, géant, Comme sorti d’un tombeau béant. Était-ce rêve ou réalité
On percevait de lui seulement Le contour flou, comme nimbé D’une brume naissante d’été. L’esquisse d’un corps évanescent
Est-ce celui d’un simple maraud, D’un quelconque traîne-misère C’est sûr, il ne peut plus se taire Cet être, nul doute, est son alter ego
Les visages lentement s’approchent Des pieds la poussière retombe Une lassitude d’outre-tombe Les mains impatientes se cherchent
Las, jamais tu n’auras pu renouer De cet être nulle pitié à attendre Aucune espérance de te rendre Cette âme qu’il t’a dérobée
Juste de tes lèvres tel un vampire Il vient d’aspirer le dernier, l’ultime, Le vital fluide qui ta vie anime. Le souffle dernier que tu expires.

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Destin brisé

par michel

publié dans poème

Elle s’est retrouvée seule sur le quai

Valise à la main par un matin chagrin

En partance vers un improbable destin

De n’être qu’un caillou, un objet

Toute menue dans son ciré plastique

Elle semblait ignorer même pourquoi

Le fonctionnaire au sourire sardonique

Lui avait intimé : Ici t’es pas chez toi !

Chez moi, c’est où alors, dans quel port ?

De quel pays suis-je l’enfant chéri ?

Ma maison, mon école, tous mes amis

Sont pourtant ici, quel est mon tort ?

Elle ne l’a pas vu arriver, simple quidam

On l’interpelle dans la rue : hé, Toi là !

Et aussitôt emmenée par une dame

Allez petite, pas d’histoire ! monte-là !

La voilà toute seule, elle pleure, reniflant

Comme l’enfant qu’elle fut il y a peu

Résonnent échos des rires et des jeux

Son cœur en complainte cri : Maman !

Tout son être se rétracte comme aspiré

De toute l’énergie qui l’habitait jadis,

Quand de la carmagnole en coulisse

Les couplets elle écoutait, inspirée

C’était l’époque ou tout était lumineux,

L’avenir étendant ses doigts sur elle,

Lui prédisait un futur merveilleux

De citoyenne, de femme, comme gazelle

L’école, c’est fini, pour elle à jamais,

Là où elle va son avenir n’existe pas.

Finies les galéjades des amis marseillais,

Promenades languissantes sur les quais.

Destin d’expulsée, destin d’égarée

Brebis sacrifiée sur l’autel implacable

De la loi du vide, la loi sinistrée

Juste un enfant partant sans son cartable

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Bonne nouvelle

par michel

publié dans histoire courte

Aujourd'hui mon maitre va m'acheter un nouveau collier
ça fait déjà longtemps que je lui ai fait sentir,
mon collier me serre et en plus il est tout défraichi

J'ai quand même un rang à tenir, ma lignée remonte
aux croisades, nombres grand personnages de ma
famille s'y sont illustrés.

Celui-là je le souhaiterai bien rembourré, le collier
actuel est très rugeux et blesse mon cou très sensible,
ma maitresse, qui a du chien, me met pourtant régulière-
ment une crème de sa composition...
Pouah! j'aime pas trop l'odeur...les maitres ont quand
même de drôles de goûts !
Elle se parfume trop, et souvent dans la rue, d'autres
maitres se retournent sur elle, moi je sais qu'ils se retiennent
mais ils aimeraient bien la renifler de plus près...

Sont vraiment parfois très bizarre ces maîtres, l'autre
jour j'en ai même vu un qui, sans plus se cacher, a arrosé
le buisson du square! Une honte dans un pays civilisé!
Moi je ne pourrais pas, j'ai de la pudeur et du respect,
mon maitre le sait, il m'emmène deux fois par jour faire
mes besoins dans un "petit coin" spécial, moi j'adore!
Je pourrai y rester des heures...mon maître est gentil
mais je ne dois pas abuser, et je sens quand il commence
à s'énerver, il tourne en rond sans arrêt...Là il est temps
que je sorte!
Demain on a prévu, enfin il a prévu (j'aime bien lui laisser croire)
d'aller, entre "mâles" , me chercher une compagne...J'en frétille
d'avance, il était temps je suis maintenant assez agé pour
songer à avoir une vie sexuelle épanouie.
À ce sujet mes maîtres se comportent aussi de façon très
spécial, les ronds de jambes, les approches timides, enfin
bref, la galanterie ça leur passe par-dessus la tête, la première
approche est la bonne, sauf si bien sûr un autre prétendant est
sur le coup...alors là, je ne vous dis pas, c'est le raout assuré.
Nous les pauvres, ont a beau tirer sur notre laisse dans tous
les sens, rien à faire. Enfin il y en a un qui finit par céder le
terrain et la belle pousse de petits cris de joie à la victoire
de son héros.

Mais je reviens à ce collier, ma maitresse me conduisait croyait-elle
au magasin du coin de la rue, en fait c'est plus moi qui la conduisait.
Elle avait même du mal à me retenir tant j'étais pressé de
recevoir ce nouveau collier. Au magasin je ne savais plus où
donner des yeux, tout ces équipements bariolés ou sophistiqués
me donnaient le tourni.
Vraiment, les maitres ne savent pas quoi inventer pour assouvir
leur passion à nous déguiser, le gilet jaune rayé de rose, était pour
eux du dernier chic!!!
Elle choisit bien évidemment le plus kitsch et pour faire bonne
mesure elle prit également la dernière laisse "roll'in shock"...
Le choc c'est moi qui l'ai eu, une fois le tout installé et dument
accroché à mon cou, elle voulut faire l'essai du "roll'in shock",
elle tira vivement sur la laisse d'un coup sec, comme lui avait indi-
qué le vendeur....Et me voilà stoppé net les quatre fers en l'air!
Ma maitresse trépigne de satisfaction et moi j'essaie péniblement
de déglutir, ma pauvre gorge presque broyée par ce fichu gadget.

La journée commence bien, enfin j'ai quand même eu droit au collier
rembourré et là je peux dire que j'apprécie, j'ai même eu chaud parce
que sans lui, pour le coup, ma gorge n'aurait pas résisté.
Ma maitresse avait prévu de faire les magasins pour elle aussi,
ça j'aime pas trop, ils nous sont souvent interdits. Et j'ai horreur
de rester attacher à la porte, imaginez que passe un de mes congénère
et qu'il me cherche noise, j'ai bonne mine si je dois lui sauter dessus.
Heureusement le ciel est avec moi aujourd'hui, un gros orage menace
et les premières gouttes commencent à nous asperger.
Ma maitresse sort en courant tout en cherchant l'équipement qu'elle
a prévu pour moi en cas de pluie, là il faut dire qu'elle ne lésine pas sur
la protection: un imperméable taillé sur mesure, des bottines de
caoutchouc et un splendide chapeau de toile ciré. Ainsi équipé je me
pavane fièrement parmi mes congénères moins bien lotis.
Quant à elle, beaucoup moins douillette comme tout ceux de son
espèces, une petit ciré court tout simple qu'elle enfile juste par la tête.

Nous voilà arrivés à la maison, je dis la maison parce que mes maitres
ont céder aux insistances de leur progéniture, à savoir: il dort à la maison
ou on dort avec lui dehors!
Moi j'ai un avis plus que partagé sur la question, la cabane devant la maison
ce n'est pas trop le grand confort, mais on y est chez soi, tandis qu'à la
maison bien sûr c'est la classe, mais le hic ce sont les petits...

Pas un instant de repos, ils sont toujours après moi, à me tirer les
moustaches, les poils des oreilles, à monter sur moi tous à la fois,
certains parfois me mordillent les oreilles.
Il y a des soirs, je suis tellement épuisé que je m'endors sur place sans même
toucher au repas amoureusement concocté par ma maitresse.

La nuit venue je retrouve un peu de tranquillité, j’ai mon petit coin
bien à moi et même une petite veilleuse que m’a gentiment apporté
ma petite maitresse :

- " tiens mon gros loulou c’est pour toi ! "

Au petit matin c’est le branle-bas, tout le monde est sur le pied de
guerre et il y a la queue aux commodités, moi je m’en moque un
peu on ne m'autorise que deux fois par jour et c’est suffisant. Mais
eux ils ont besoin au moins d’une dizaine de poses pipi …
Enfin c’est mon tour, je guette devant la porte avec ma laisse neuve,
c’est le signe de reconnaissance pour ma promenade matinale "grosse
commission".
Là c’est la croix et la bannière pour qu’un volontaire se décide, à croire
que c’est une corvée de me sortir, non mais des fois !!!!
Ouf , il était temps le maitre c’est enfin dévoué pour les autres, dehors
il fait un froid de macaque, comme ils disent, j’ai les extrémités gelées et
je ne traine pas ou plutôt si, je traine mon maitre sur le chemin du retour et
là au détour d’un bosquet qui vois-je ? Lola ! la belle Lola.
Je pile net et mon maitre, de trainé, se transforme en projectile pour aller
atterrir en plein sur la maitresse de Lola.
Voilà une rencontre qui apporte un peu de piment dans ma vie
solitaire, c’est qu’elle a du chien la belle Lola, ça fait déjà quelque
temps que je la vois dans le quartier, elle ne passe pas inaperçu
et j’ai vu que plusieurs de mes congénères l’avaient eux-aussi remarquée.
Bon la rencontre à l’air de bien se passer, mon maitre a bien
fait quelques tentatives d’approche, vite repoussées par la maitresse de Lola.
Moi je fais de la résistance à la traction énergique de la laisse, les membres
bien campés au sol, j’oppose une passive mais ferme volonté de rester sur place.
N’en tenant plus mon maitre actionne la fameuse « roll’ in quick » et vloufff…
je me retrouve propulsé à plusieurs mêtres en avant.
J’émets, pour la forme, quelques fermes protestations et me décide à le suivre
à la maison.

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retour d'école

par michel

publié dans poème

Flic, floc,

C’est la flotte

Qui bat des quenottes.

Un pas, deux et trois,

Je saute au-dessus

De la flaque d’eau.

Attention, la bordure,

Ne pas marcher,

Sur le joint.

Je trotte, vite vite,

Au sortir de l’école

C’est l’heure du goûter.

Je compte les pavés,

Deux blancs,

Trois gris.

Et le temps passe

Plus vite quand

On joue avec la rue.

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À toi ma Valentine

par michel

publié dans poème

À toi ma Valentine

Ce bouquet d'églantines
Dont j'ai oté les épines
Comme on effeuille, un à un, de la fleur
Les pétales, jusqu'au bout du coeur.

Je t'aime, dès l'aube
Un peu, si tu le veux
Beaucoup, je le peux,
Passionnément en ta robe.

Et à la folie, tu m'as dit,
Pas du tout assagi:
-Aime moi comme au jour
Premier en tes atours!

tu m'as dit, Valentine:
-Sois mon valentin!
Voilà je le suis toujours
et ne failli à la rime, mon amour!

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Femme et Homme

par michel

publié dans poème

Femme et Homme

Quel étrange accotement
D'individus aux antipodiques
modes de fonctionnement.

L'un et l'autre, deux planètes
Issues d'une même comète
Tombée d'une improbable galaxie

L'une, méticuleuse et ordonnée
Autant que l'autre
Est brouillon et dispersé

L'un, tout de force et de sureté
Faisant la roue auprès de
L'autre faite de doutes et de doigté

Elle, charmeuse et pomponnée princesse
Espère en vain que
Lui fasse l'effort d'un peu de délicatesse

De l'une on pense, finesse, beauté
Tandis que de l'autre
La facture est pour le moins salée

Il, lui, l'homme semble rustique
Au pays des fleurs
Il croit sans contrainte, unique

Pendant qu'elle, la femme, rêve
En son secret jardin
Au soleil naissant qui s'élève

Ces deux mondes pourtant
Ont réussi l'exploit
De se rencontrer en s'aimant

De ceci, il nous faudra penser
Qu'être opposés ne vaut
Plus qu'à pile ou face, se jouer

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Moustache

par michel

Moustache

Mais quelle est cette ombre

D’un présage sombre

Sur ma lèvre supérieure.

Comme signe annonciateur

En mon profil enfantin,

Pourrait-y faire chagrin.

Comment une moustache !

Mais de quel droit !

Mes jeunes années potaches

Finiraient-elles en désarroi ?

Je m’insurge, de loin,

Prenant le miroir à témoin.

Ça non ! Elle ne passera pas.

Je m’y engage, point d’appât !

Jamais ne la laisserait s’installer

Dussé-je, pour se faire, en appeler

Aux toutes dernières extrémités.

Je renonce, de ce jour, à exister !

Enfin, je veux dire, à figurer,

À me voir et me faire voir, moi.

Affublé de ce ridicule attribut

Qui soi-disant fait se pâmer

Ecervelées, midinettes en émoi.

Non elles n’auront pas le poilu.

Aussi, dorénavant je porterai

Une banane en guise de moustache.

Bien accrochée, fière et gaie

Mise en place, en guise de soutache

Au-dessus ma lèvre supérieure

Un fruit qui fera lui votre bonheur.

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